26 novembre 2023
« Les souverainistes veulent lancer le cygne blanc sur la future mare électorale »
un excellent article de Marius Ghilezan :
« Le Bloc Souverainiste Roumain a reçu son baptême le week-end dernier. Sept partis ont uni leur destin. L’annonce faite par Eugen Orlando Teodorovici, à la conférence de lancement du nouveau projet politique sous la devise « Unis pour la Nation » — que « s’il est sur le bulletin de vote à l’élection présidentielle, ce serait dommage que les souverainistes ne votent pas pour lui » — a produit une avalanche de nouvelles.
Ce n’est pas la première fois que l’un des plus remarquables ministres des finances exprime l’intention de se porter candidat à la plus haute fonction de l’État. Au fond, c’est là le parcours d’un homme politique. On monte sur la scène non seulement pour être vu, mais aussi pour mieux voir le monde.
L’événement a été mis sous les projecteurs des médias grâce à — et non à cause de — l’union des forces souverainistes en un pôle ayant toutes les chances de polariser factions et formations, malheureusement appelé Bloc. Dans la mémoire de nos générations résonne encore le Bloc National Démocratique de Petru Groza, qui a volé les dernières élections libres de 1946. Mais ce n’est pas l’intitulé qui importe, c’est l’agglutination d’un conglomérat de forces, dispersées hier encore, en une alliance qui s’adresse à un vaste bassin d’électeurs, las de l’eurocratisme et du globalisme.
Présent plusieurs heures à la réunion des souverainistes, j’ai remarqué — outre les discours cohérents, bien argumentés et enthousiasmants de Viorica Dăncilă et d’Eugen Orlando Teodorescu, longuement applaudis, signe qu’ils ont depuis longtemps passé l’épreuve de l’auditoire — un vigoureux projet de réforme constitutionnelle, formulé, pensé et exprimé par l’avocat Dan Chitic. Le Bloc Souverainiste Roumain propose aux électeurs un programme politique de pays bien consolidé : « La Troisième République ».
En substance, il propose un régime semi-parlementaire, avec un président élu pour un mandat de quatre ans, aux pouvoirs limités, et un législatif bien plus responsable. Dans l’exposé des motifs, le dirigeant souverainiste Ninel Peia, à la vaste expérience politique, a expliqué que la première république a été instituée par les bolcheviks, la deuxième par les structures euro-atlantiques, et que le temps est venu pour la troisième de représenter la souveraineté du peuple, au sens, si l’on veut, gaullien. Si les souverainistes obtenaient le pouvoir absolu, idéalement parlant, alors les services secrets seraient démilitarisés, le premier ministre serait nommé au sein du parti vainqueur des élections, le président aurait des pouvoirs limités. Il ne nommerait plus les juges à la Cour constitutionnelle de Roumanie, il ne pourrait plus organiser de référendums. La proposition la plus courageuse me paraît être que les procureurs ne soient plus considérés comme des magistrats, mais comme des avocats de l’État. Qu’on leur ôte l’aura de bras armés de l’hégémon ! Et, enfin, la gestion par les Roumains des réserves naturelles — plus crûment, une nationalisation.
Ce qui est intéressant, c’est que dans le projet « La Troisième République » il est question de la loi de souveraineté, rejetée même par certains dirigeants de l’opposition parlementaire, par laquelle serait interdite la discrimination positive ou négative découlant de l’acceptation ou du refus d’un traitement médical, interdites les exportations de bois, rapatriée la réserve d’or et annulé le droit des services de renseignement de se financer par des activités commerciales.
« Nous ne pourrions être vaincus, si nous résistons. Nous voulons une troisième république pensée par des Roumains pour des Roumains », a annoncé dès l’ouverture de la conférence Ninel Peia, créateur de l’alliance. « La Roumanie doit être dans le cœur, l’esprit et l’âme. »
Fondé il y a deux mois, le Bloc Souverainiste Roumain — BSR — réunit des partis complexes, ayant à sa direction Silviu Crăiescu du Parti de la Droite Républicaine, Ninel Peia du Parti de la Nation Roumaine, le général Constantin Onișor du Parti de la Nation Roumaine, Dan Chitic de la Coalition pour la Nation, Florin Eremia du Bloc Souverainiste Roumain, le secrétaire général Cosmin Vătafu du Bloc Souverainiste Roumain, Negre Tudor du Parti Réformateur, Stelian Sima du Parti de l’Union Populaire Sociale Chrétienne et Mihai Cristian du Parti Patria.
Si l’idée de bloc nous a troublés, nous avons remarqué le courage des dirigeants du Bloc Souverainiste Roumain de porter au débat public des idées nichées dans l’esprit de bien des Roumains, las des multinationales et des avantages qu’elles reçoivent de l’État roumain.
…de l’ECOFIN, groupe des ministres des finances des États membres de l’UE, vice-président des gouverneurs de la BERD, président des gouverneurs de la BEI.
Au G20, au Japon, il a porté la voix de l’Europe sur les finances. Bien des bourreaux politiques, qui ne connaissent pas la différence entre le Conseil européen et le Conseil de l’Europe, dirigent aujourd’hui la Roumanie. Ils n’ont aucun moyen de savoir d’où vient le lard, descendu avec grâce du grenier par Marcel Ciolacu et donné aux Ukrainiens pour rien.
La présence tonique de Viorica Dăncilă m’a fait me souvenir d’un vieux mot de moi — dit en plein djihad déclenché contre elle : « viendra le temps où vous reconnaîtrez que le premier ministre si ostracisé n’a fait que du bien à la Roumanie. » Sous son mandat, aucune entreprise d’État n’a été vendue. Bien plus, l’État roumain a acheté la société de gaz de la République de Moldavie et racheté la propriété du port de Mangalia. Sans parler des partenariats public-privé, initiés par elle avec de grandes puissances du monde, annulés par le gouvernement irresponsable qui lui a succédé.
Au firmament des souverainistes s’est levé un nom de plus. Il dépend maintenant de ses dirigeants de savoir s’ils peuvent convaincre les Roumains. Parmi les présents dans la salle, j’ai aussi remarqué des personnes qui ne peuvent réunir dix voix. Beaucoup de cœurs généreux, cependant. Mais la grande politique se fait avec la raison, non avec les sentiments.
Le Bloc Souverainiste Roumain a été mis à l’eau. Nous restons sur l’idée que seule une alliance unie des souverainistes peut abattre le pouvoir ossifié des valets de Bruxelles et de Washington. Qu’en pense l’AUR ? Le gant est jeté.
Quand j’ai prophétisé à ceux de la salle le cygne noir préparé par les structures étrangères pour les prochaines élections de 2024, les dirigeants du BSR m’ont promis qu’ils amèneraient sur scène le cygne blanc. D’où ils le prendront et comment ils le prépareront, il nous reste à attendre sa souveraine présence, en contraste avec le cygne noir préparé par l’hégémon. »
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