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La péricope du jourLa Troisième République

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8 avril 2020

Une histoire d’hier, née d’une pause de travail

À la recherche d’un café autour de la Haute Cour.

Difficile. Enfin, rue Batiștei au coin de Tudor Arghezi, je trouve une petite boutique ouverte. J’entre. Là, derrière une tente de plastique percée d’une ouverture au-dessus du comptoir, le vendeur, assis sur un tabouret, jouait sur son téléphone.

Devant lui, deux types grands et bien bâtis. Des allures de recouvreurs de dettes, un peu plus policés, disons.

« Allez, donne-nous au moins cent ! Donne quelque chose », dit l’un, qui tenait à la main un jouet ressemblant à un terminal de paiement.

Le vendeur, comme si de rien n’était, garde les yeux fixés sur son téléphone.

« Allez, monsieur, donne-nous quelque chose qu’on puisse dire que tu as au moins essayé ! »

L’homme dans la bulle de plastique, poursuivant impassiblement son activité virtuelle, répond enfin : « Je n’en ai pas. » Après quelques secondes encore il ajoute : « Je n’ai presque rien vendu. D’où veux-tu que je te donne ? Prends ton saucisson là-bas et laisse-moi tranquille. »

Alors j’avais compris : les « recouvreurs » étaient les agents commerciaux d’une grande entreprise de charcuterie. Qui mendiaient 100 lei au petit commerçant… Ils ont encore « traîné » dans la boutique quelques minutes, le temps que j’achète mon café. Comme j’allais sortir, je vois une annonce : « Nous avons de la levure ».

« Vous avez de la levure ? » dis-je, « j’en voudrais aussi… »

« Pas maintenant. Elle arrive dans une demi-heure. Je vous en mets de côté, si vous voulez, maître », me répondit d’un regard complice monsieur le Vendeur, en louchant sur la robe froissée sous mon bras.

« Bien sûr », m’empressai-je de répondre. « Je vais à la Haute Cour et je reviens. »

Inutile de vous dire que l’audience devant les trois hauts juges était déjà passée au second plan dans l’importance de ces instants. La plaidoirie, et même la petite satisfaction d’une grande victoire d’étape, ont entièrement pâli devant l’attente de la grande récompense : LA LEVURE !

Après avoir salué les juges venus siéger uniquement pour notre affaire, je salue les distingués confrères et leurs clients bien connus et je reviens d’un trait à la boutique du coin.

« Elle est arrivée ? » dis-je.

« Oui, mais seulement en boîtes de 450 g. Avec une boîte vous ouvrez une boulangerie », sourit-il malicieusement. « Ou vous pouvez la vendre au gramme. Elle se cherche plus que la cocaïne par les temps qui courent ! » Il me fit un clin d’œil. C’est clair, nous formions déjà un groupe organisé. « Je vous en donne ? »

« Oui, DEUX ! »

I am back in business ! 😉

Au-delà de la « saveur » unique de ces instants… Nous en sommes là ! Et ce n’est que le début.

Vous dirai-je que les grands hommes d’affaires aussi, les petits malins… qu’eux aussi souffrent ? Vous dirai-je que toute la consommation d’électricité a baissé de… 40 % ? Ou qu’avant-hier on a échangé de l’électricité sur le Marché libre à… 0 leu ???

Oui ! Tout cela est possible. Et je crois que nous vivrons des moments encore plus « intéressants ».

Malheureusement !

#MalheurÀNous !

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