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1er août 2026

Le Securistan, compté année par année

Les budgets des services secrets entre 2015 et 2026 et la comparaison qui clôt le débat : la Roumanie dépense par habitant plus que le Royaume-Uni et quatre fois plus que l’Allemagne.

En décembre 2015, j’écrivais un petit guide pratique d’identification des officines et des trompettes du service de renseignement intérieur. L’un des critères était celui-ci : regardez quels journalistes ne disent pas un mot de l’augmentation de 25 % du budget de ce service — budget devenu alors le plus élevé d’Europe accordé à un « service secret ».

Dix ans ont passé, quatre gouvernements, deux mandats présidentiels, une pandémie, une guerre à la frontière et un coup d’État. Une seule chose a changé : les chiffres. Ils ont augmenté.

En 2015, les quatre services disposaient ensemble de près de 2 milliards de lei. En 2024, ils atteignaient 8,4 milliards — 4,22 fois plus, alors que les recettes budgétaires du pays n’avaient crû que de 2,86 fois. En 2025, après que les services n’eurent « rien vu » lors de l’élection annulée, ils reçurent 20 % de plus. En 2026, en plein plan d’austérité, le budget du service intérieur a de nouveau augmenté de près de 14 %, atteignant 5,2 milliards de lei — près d’un milliard d’euros.

Et voici maintenant la comparaison que nul ne met sur le papier : la Roumanie dépense 85,7 euros par citoyen et par an pour ses services secrets. La Pologne, qui a une frontière directe avec la guerre, dépense 18,6. L’Allemagne, avec trois services fédéraux et seize services régionaux, dépense 21,7. Le Royaume-Uni, avec le MI5, le MI6 et le GCHQ réunis, dépense 65.

L’étude complète — avec tableaux, sources et le chapitre sur le nombre d’agents, qui demeure classifié — se trouve à la rubrique Ouvrages.

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